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Entretien avec un immortel

Au creux de l’autre

   Tags : Couple, Enfants, Sagesse

Quand la peur de mal faire nous empêche d’étendre nos ailes, le regard du sage - empli d’amour et de simplicité - arrive à point nommé. Ballade au pays de l’espoir en compagnie de Fanny - 30 ans, institutrice.

 
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JSL : comment vas-tu, Fanny ?
FF : ça va.
JSL : à quoi penses-tu ?
FF : à ce que tu me demandais.
JSL : quand tu me dis “ça va”, tu me dis que tout va ?
FF : ça va mieux que tout à l’heure. Je commence à me détendre. J’ai moins peur.
JSL : tu avais peur ?
FF : oui. Je n’aime pas me confier. Je n’aime pas parler de moi-même.
JSL : ah bon ? Pourquoi ?
FF : je n’aime pas que les autres sachent ce que je pense, ce que j’ai dans la tête.
JSL : pourquoi ça ? Tu caches quelque chose ?
FF : je ne cache rien, mais j’ai toujours peur de me sentir inférieure aux autres. Alors, je préfère tout garder.
JSL : et pourquoi serais-tu inférieure aux autres ?
FF : ça, je n’en sais rien du tout.
JSL : tu imagines, si tout le monde pensait comme cela ? Tu imagines, si tout le monde adoptait ta logique ? On se retrouverait bien isolés.
FF : Ce serait triste.
JSL : tu es donc complexée...
FF : oh oui !
JSL : qu’est-ce qui te complexe ?
FF : mon corps.
JSL : mais un corps, ça se façonne.
FF : oui. J’y travaille : je fais des exercices... des fessiers, par exemple.
JSL : pour avoir de belles fesses ?
FF : oui. (rires)
JSL : alors tu vas avoir de belles fesses. C’est bien. Maintenant, tu as trente ans. En trente ans, tu as largement eu le temps de façonner ton corps. Pourquoi n’as-tu pas commencé avant ?
FF : j’avais commencé ! Un petit peu... On en fait un ou deux jours, on s’arrête. On s’arrête pendant deux mois, on en fait quatre jours... Il y a un manque de motivation. C’est difficile de s’y tenir dans la durée. C’est difficile, ça prend du temps, et puis c’est dur, tout simplement ! On a toujours autre chose à faire que des fessiers, ou alors on n’a pas trop le moral. C’est tellement plus facile de mettre la cuiller dans le pot de Nutella...
JSL : ah, le pot de Nutella ! C’est bon, le pot de Nutella ! Le problème, c’est que ça pousse directement sur le ventre et les fesses.
FF : et tout de suite ! C’est fatal.
JSL : as-tu souvent recours au Nutella, quand tu ne te sens pas bien ?
FF : oui. J’ai l’impression que ça va tout de suite dans le cerveau, avant d’aller sur les fesses. Ça me détend.
JSL : ça fait longtemps que tu as ce “réflexe Nutella” ?
FF : depuis toujours.
JSL : et même si tu sais que ce n’est pas bon, tu le fais ?
FF : oui, parce que je me dis que le jour d’après, ça ira mieux et que je n’aurai pas à remettre la cuillère dedans.
JSL : et quand plusieurs jours se succèdent, que fais-tu ?
FF : c’est rare, quand même...
JSL : c’est donc ponctuel.
FF : voilà.

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Article publié le 04-05-2007
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