Être le plus riche, le plus beau, le premier... et naccorder aucune considération aux autres, voilà lobjectif et le mode de fonctionnement que beaucoup se donnent. Est qualifié de “fort” celui qui, de nos jours, écrase ses concurrents. Une telle personne affirmera que la fin justifie les moyens, même les plus vils. Toutefois, la force - la vraie - na pas besoin dêtre manifestée pour faire effet. User de force pour arracher un service aux autres ne renvoie quà lincapacité de se le procurer par soi-même. La force sexerçant sur autrui est vecteur de tyrannie. Les “victimes” se détournant de loppresseur, la tyrannie engendre à son tour la solitude. Personne, en effet, naime être dominé. La solitude, enfin, mène à la faiblesse, car nous sommes toujours plus solides quand nous sommes unis. Ainsi, celui qui use de force pour dominer autrui finit toujours seul et fragile. La force de linstant savère donc être une faiblesse sur le long terme.
Bien souvent, la domination exercée sur les autres est inversement proportionnelle à celle que nous avons sur nous-même. Plus un être veut diriger les autres, moins il a de contrôle sur lui-même. En effet, quel est lintérêt de dominer les autres quand on est en paix avec soi ? Aucun, car en multipliant les personnes à gérer, nous multiplions également les problèmes.
Dans une logique de long terme, le renoncement à la force sur les autres est donc salutaire. La seule force qui vaille est en définitive celle que nous exerçons sur nous-même. Grâce à elle, chacun peut transformer ses défauts en qualités et triompher de ses peurs. Cet acte permet douvrir la porte à la quiétude. Suffisamment fort pour ne plus peser sur les autres, nous ne créons plus de cycles de souffrance qui, par effet de causalité, finissent toujours par nous toucher.